
Les immunothérapies de déplétion des lymphocytes B, utilisées dans la sclérose en plaques, agissent en partie en mobilisant des cellules immunitaires protectrices logées dans l’intestin ou microbiote. Ces conclusions d’une équipe internationale dont des chercheurs de l’University Hospital of Bonn (Allemagne), publiées dans la revue Science Translational Medicine, soutiennent de nouvelles thérapies boostant la migration de lymphocytes B bénéfiques de l’intestin vers le sang et le système nerveux central.
Dans la sclérose en plaques (SEP), la maladie inflammatoire chronique la plus fréquente du système nerveux central, les lymphocytes B, cellules du système immunitaire, attaquent par erreur la gaine protectrice des nerfs, la myéline. Ce rôle a fait de ces globules blancs une cible thérapeutique de premier plan.
Mais tous les lymphocytes B ne sont pas nocifs. À côté des cellules responsables de la maladie coexistent des lymphocytes B bénéfiques qui, conformément à leur fonction, aident à réguler les réponses immunitaires et peuvent influer favorablement sur l’évolution de la maladie. Les thérapies de déplétion, qui retirent temporairement les lymphocytes B, pourraient également affecter ces populations protectrices.
L’un des auteurs principaux, le Pr Anne-Katrin Pröbstel, directeur général du Centre de neurologie de l’University Hospital of Bonn, résume : « Notre recherche montre que la déplétion des lymphocytes B modifie les niveaux de facteurs qui régulent ces cellules et est associée à une migration accrue de lymphocytes B protecteurs issus de l’intestin ».
L’étude a analysé les cellules immunitaires de plusieurs tissus, de cellules du sang, du liquide céphalo-rachidien et de la muqueuse intestinale, chez des sujets témoins et chez des patients atteints de sclérose en plaques traités par déplétion des lymphocytes B, puis examiné le type et la fonction de ces cellules. L’analyse révèle que :
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la thérapie de déplétion favorise le trafic de lymphocytes B bénéfiques de l’intestin vers le sang et le système nerveux central ;
- elle modifie les niveaux de facteurs régulant les lymphocytes B ;
- des niveaux plus élevés de ces facteurs régulateurs sont liés à une meilleure évolution de la maladie chez les patients.
Ces résultats soutiennent et expliquent
l’efficacité des thérapies de déplétion des lymphocytes B.
Plutôt que de se contenter de retirer les cellules immunitaires nocives, le traitement contribuerait aussi à recruter des cellules bénéfiques depuis l’intestin. L’intestin apparaît ainsi comme un acteur clé, réservoir de cellules protectrices mobilisables.
Cette découverte ouvre la voie à de futures thérapies exploitant directement les cellules immunitaires bénéfiques de l’intestin, dans la sclérose en plaques comme dans d’autres maladies inflammatoires.
Source: Science Translational Medicine July 22, 2026 DOI: 10.1126/scitranslmed.aee1580 Anti-CD20 B cell depletion is associated with elevated mucosal-originating circulating regulatory IgA B cells in multiple sclerosis
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